Mesdames, aujourd’hui il est clair que vous devez vous sentir mal dans votre peau. Un sentiment de mal être vous a envahi et cette fois-ci l’avalanche saisonnière de publicités anticellulite n’est pas la coupable. Non, rien de tout ça. Vous avez perdu un être « chair ».
Ce matin l’habit a fait le moine, même si peu importe le vêtement, haute couture ou pas, il y a des tissus de silence dont on ne s’échappe pas.
L’artiste a toujours composé. Son monde était cloisonné du notre par les barrières fragiles d’une timidité exacerbée. Nul doute que le concentré d’inattendu, de coloré et d’ailleurs, versé à sa naissance allait pouvoir émulsionner notre monde, une fois passé les frontières parfois cruelles de l’incompréhension.
Dès l’aube, il a rêvé la femme moderne et élégante, faite de courbes, de lignes, de tombés, de jetés. Son quotidien n’était pas de redessiner un paysage, mais en peintre visionnaire du réel, il a su adapter ses créations pour sublimer le corps de ses muses.
On pourrait croire à l’expression du talent d’un génial inventeur enfermé dans sa tour d’ivoire et de mousseline. Mais son œuvre l’a démontré, il a été probablement le plus communiquant de ce demi-siècle de créations et a répandu sur tous les continents sa passion pour un idéal féminin moderne, libre et diversifié.
Vous pleurez mesdames d’avoir perdu ce virtuose qui savait vêtir à merveille votre corps, habiller votre peau de douceurs et de cœurs. Yves Saint Laurent, va vous manquer c’est sûr, d’autant plus qu’une certitude est née de ce départ en « serre-cœur » : dieu est une femme…
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