lundi 2 juin 2008

Le jeux des aiguilles

Fines, pointues, longues parfois, elles ne font guère partie de nos campagnes bien que pourtant souvent associées aux bottes de foin… Trouvées, perdues, nul ne le sait, toutefois est-il qu’il est parfois difficile d’en suivre le fil tant il est sinueux, fourchu, double. Autant jouer au chat et à la souris me direz-vous ? Rien de plus vrai, il arrive même de buter longuement autour du pot afin que ces fines lignes de coton tressées finissent enfilées. Mais la boucle n’est pas bouclée pour autant, ils restent à accomplir ce ballet à la fin duquel la pièce en jeu finira solidaire d’un tout.

L’aventure commence et déjà nos doigts pourtant aguerris avancent casqués. Premier planté de bâton, négociation du virage, une trainée rouge suit le mouvement. La rigole est aérienne et souple, elle se tord mais ne rompt pas. Changement de cap, nouvel appui, l’habit est solide, le fer de lance aussi : combat égal ? Là est l’erreur, tout est simple pour celle qui sait se faire discrète. Protection de l’ennemi ? Ni neige, ni beurre, plutôt papier sulfurisé dont la légère résistance trahit l’existence.
Le va-et-vient se poursuit. L’acte fédérateur scellera ce destin fibreux.

Le serpent enlace sa proie, il la sert et ne la lâchera plus. Pourtant l’animal têtu fatigue et il suffirait de peu pour qu’il relâche son étreinte. Ce puzzle ne vaut que fini. D’obstiné, l’animal finira tétanisé, figé, solidifié. Autant lui tordre le cou ? La main à l’écoute n’hésite pas. Un nœud, c’est tout. La plaie cicatrisera.

1 commentaire:

Unknown a dit…

Raphael,

Ton texte m'a vraiment mis en émoi.

J'aimerais beaucoup te rencontrer et éventuellement que tu m'expliques un peu mieux ton jeu d'aiguilles.

J'en tremble d'avance,

Affectueusement,

Camille

camillecasamola@gmail.com